Désengagement moral ou comment des «gens biens» peuvent faire du tort et garder bonne conscience

Publié le Mis à jour le

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Albert Bandura, considéré comme l’un des psychologues les plus influents du XXe siècle,  publiait en 2015 «Moral Disengagement : How People Do Harm and Live with Themselves», une théorie du désengagement moral qu’il développe depuis les années 80. 

La commission Charbonneau a fait défiler devant nos yeux incrédules un échantillonnage particulièrement représentatif de ces «gens bien» qui adhèrent à un système de désengagement moral institué. Quand des firmes manœuvrent dans le seul but d’attiser et de maintenir des conflits pour leur profit, quand certains élus abdiquent leurs responsabilités et prennent des décisions molles, flasques et deviennent des pleutres, quand l’éthique est un irritant pour ceux qui devraient en être les modèles, nous sommes directement sous le microscope de Bandura,

Mais comment des êtres normaux en arrivent-ils à déboulonner leur sens moral? Par exemple les firmes d’avocats, d’ingénieurs, de relations publiques ou des politiciens théoriquement au service des citoyens ?

Par une série de mécanismes décrits dans le modèle de Bandura:

Ils sanctifient leur comportement dommageable comme servant des causes louables, comme étant mieux que certains comportements des autres

 

Ils se déchargent du blâme pour le préjudice qu’ils causent en déplaçant et en diffusant la responsabilité

 

Ils minimisent ou nient les effets néfastes de leurs actions

 

Ils déshumanisent ceux qu’ils maltraitent

 

Ils blâment leurs victimes en attribuant leurs malheurs à leurs défauts et leurs défaillances.

Au sein d’une administration municipale, le désengagement moral institué et la présence de ces mécanismes deviennent une véritable gangrène dont les conséquences sont dévastatrices pour l’esprit de la communauté. Et la contamination est insidieuse. Elle se fait souvent à dose homéopathique, une petite entorse à l’éthique à la fois, par «petites crosses» additionnées et jugées inoffensives par ceux qui les commettent. L’autosanction sélective mène à des déclarations sottes, comme nous l’avons vu dans l’affaire Roch Bédard où le conseiller du district 2 a affirmé devant les caméras qu’il nous aviserait lui-même si un jour il se trouvait en situation de conflit d’intérêts avec le promoteur Maalouf.

Plusieurs affaires à Sainte-Adèle semblent sous le joug de ce désengagement sélectif de l’autosanction morale, et ce, depuis plusieurs années.

J’invite donc les protagonistes de la scène adéloise qui se sentent interpellés par cet article à s’observer à travers les lunettes de Bandura.  

À venir : le positivisme bébête, obstacle à la lecture critique et constructive de la réalité adéloise.

    

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