Notre démocratie mise à mal

Publié le

Lettre ouverte
Jean-Pierre Létourneau, citoyen de Sainte-Adèle

Nous vivons dans un pays d’inspiration démocratique où la libre circulation des gens, des biens et des idées est une réalité reconnue et appréciée de tous. Hormis de vouloir volontairement propager la haine ou la violence, toute opinion a le droit d’être d’abord, puis de pouvoir être dite, entendue et partagée. Cette liberté d’expression vient, par voie de conséquence, avec le devoir de la défendre, et ce, peu importe que nous soyons d’accord ou non avec les mots des autres, leurs parcours singuliers et la portée de leurs concepts.

Accepter le débat, l’argumentation – et même la confrontation – fait partie intégrante du noble désir de chacun, à savoir, à chaque intention, de vouloir faire davantage et mieux. Brimer de quelques façons que ce soit, l’émission, la diffusion ou la réception de la parole citoyenne n’est jamais, on le sait, un gage d’avancement et de progrès. Priver des citoyens d’un accès temporaire, provisoire ou partiel à toute forme d’information est un abus de pouvoir déplorable et malsain.

Or, si tant de gens s’insurgent à Sainte-Adèle – et partout ailleurs – c’est peut-être qu’ils en ont assez de se faire bâillonner, de jouer les seconds violons et les faire-valoir de circonstances. Trop souvent, on demande aux gens leur simple avis, on les consulte à l’occasion pour la forme, mais sans jamais les rendre parties prenantes des décisions majeures et essentielles les concernant. Quand une population entière n’a qu’une seule rencontre mensuelle pour s’exprimer sur une chose et son contraire. Toujours sous pression, dans l’urgence et à la va-vite, comment ne pas percevoir les limites, voire l’absurdité de l’exercice, à vouloir construire un monde qui nous rassemble et nous ressemble…

Assister à une réunion d’un conseil de ville, c’est trop souvent, pour plusieurs, vivre un moment douloureux et vain : être contraint de  »réagir » à chaud sans recul, ni débat sur divers enjeux compliqués et complexes conduit inévitablement à une absence systématique de mise en commun des idées et empêche l’émergence d’une véritable solidarité citoyenne. En fait, on pourrait presque croire qu’il est parfois souhaitable, voire avantageux, de maintenir volontairement la population dans une certaine forme d’ignorance, de dépendance et de médiocrité décisionnelle.

Face à ce sentiment d’incomplétude et d’inachèvement, j’espère que tous comprendront qu’il nous faudrait bien plus que le simple retour d’une quelconque caméra pour se satisfaire socialement de notre apport citoyen. Cela étant dit, j’invite en terminant tous ceux et celles qui ont l’art si facile du franc-parler, dont par exemple M. le conseiller Pierre Lafond (ce mal si nécessaire), à user également d’une plus franche écoute, afin de faire en sorte que l’exercice de la démocratie se fasse bien avant celui du pouvoir. C’est à la fois une invitation, un souhait et un immense défi lancés à tous ceux et celles qui exigent rigueur, constance et humilité…

Jean Pierre Létourneau

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