Collaborations

LES ANONYMES INQUIÉTUDES

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PAROLE CITOYENNE
Un texte de Jean-Pierre Létourneau

Chers ‘’inquiets(es)’’ de Sainte-Adèle, vous m’excuserez ce piètre qualificatif à votre endroit, mais à défaut de savoir qui vous êtes, c’est ainsi que je vous appellerai. D’abord un mot pour souligner vos louables efforts à vouloir nous instruire et à nous mobiliser à l’ère d’un chacun pour soi généralisé. Or, aussi nobles que soient vos belles intentions, bien des lacunes s’inscrivent dans votre démarche mobilisatrice — dont celle inappropriée — de nous solliciter dans un total anonymat. Il y a aussi une obsession presque maladive à ne voir que les défauts d’une dette municipale et finalement il y a votre inaptitude navrante à ne jamais taper sur le bon clou.

En effet, sans possibilité d’identifier les auteurs de votre lettre, ni connaître vos porte-parole, comment savoir qui se cache derrière votre prétendu mouvement citoyen? Comment ne pas imaginer que certains candidats défaits aux dernières élections puissent dans les coulisses manoeuvrer et instrumentaliser adroitement quelques chiffres à des fins partisanes ou électoralistes?  Aussi comment ne pas voir certains propriétaires fonciers tirer peut-être sur quelques ficelles citoyennes afin de faire avorter le projet du parc pour ensuite mieux spéculer sur la valeur marchande de leurs terrains? D’autres questions me viennent aussi à l’esprit. Quelles sont vos compétences? Quelle est votre formation? Combien êtes-vous? Quels sont vos méthodes, vos sources, vos analyses, vos recherches, vos rencontres et vos savants calculs pour conclure aussi catégoriquement qu’un parc est un projet irréaliste, coûteux et déraisonnable? Pourquoi considérer la conservation durable d’une nature de plus en plus menacée comme une dépense et un luxe, alors qu’il est si facile de voir qu’ailleurs on considère les espaces verts comme de réels investissements et un bien collectif si ardemment défendu.

Que notre dette municipale soit un motif réel d’inquiétude, je ne vois aucun mal à  discuter et à débattre, mais que cela se fasse à travers une vision inspirante et inspirée et non pas en diabolisant ou en pénalisant les adeptes de plein air et leur mode de vie sain et harmonieux.  Voilà mon souhait le plus cher et sans doute celui d’une grande majorité de gens qui veulent vivre dans des lieux vastes, verts, accessibles et conservés.

Ce projet de parc est né dans un contexte d’espoir et de progrès et devant un argumentaire aussi contrit, faiblard et résigné que le vôtre, je ne vois nulle raison d’y renoncer. Certes, il y a encore bien des questions à poser sur son usage, sa fréquentation, son accès, sa gestion et son coût final, mais qu’avons-nous de mieux à nous donner et à offrir aux générations suivantes qu’une nature belle et intacte?

Que celui ou celle qui a une meilleure idée vienne me la dire, je la recevrai avec égard, attention, respect et plaisir…  surtout si elle est dûment assumée et signée…

JEAN PIERRE LÉTOURNEAU

Voir la Publicité payée par des Adélois dans Accès, p 2,,30-01-2019

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Notre démocratie mise à mal

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Lettre ouverte
Jean-Pierre Létourneau, citoyen de Sainte-Adèle

Nous vivons dans un pays d’inspiration démocratique où la libre circulation des gens, des biens et des idées est une réalité reconnue et appréciée de tous. Hormis de vouloir volontairement propager la haine ou la violence, toute opinion a le droit d’être d’abord, puis de pouvoir être dite, entendue et partagée. Cette liberté d’expression vient, par voie de conséquence, avec le devoir de la défendre, et ce, peu importe que nous soyons d’accord ou non avec les mots des autres, leurs parcours singuliers et la portée de leurs concepts.

Accepter le débat, l’argumentation – et même la confrontation – fait partie intégrante du noble désir de chacun, à savoir, à chaque intention, de vouloir faire davantage et mieux. Brimer de quelques façons que ce soit, l’émission, la diffusion ou la réception de la parole citoyenne n’est jamais, on le sait, un gage d’avancement et de progrès. Priver des citoyens d’un accès temporaire, provisoire ou partiel à toute forme d’information est un abus de pouvoir déplorable et malsain.

Or, si tant de gens s’insurgent à Sainte-Adèle – et partout ailleurs – c’est peut-être qu’ils en ont assez de se faire bâillonner, de jouer les seconds violons et les faire-valoir de circonstances. Trop souvent, on demande aux gens leur simple avis, on les consulte à l’occasion pour la forme, mais sans jamais les rendre parties prenantes des décisions majeures et essentielles les concernant. Quand une population entière n’a qu’une seule rencontre mensuelle pour s’exprimer sur une chose et son contraire. Toujours sous pression, dans l’urgence et à la va-vite, comment ne pas percevoir les limites, voire l’absurdité de l’exercice, à vouloir construire un monde qui nous rassemble et nous ressemble…

Assister à une réunion d’un conseil de ville, c’est trop souvent, pour plusieurs, vivre un moment douloureux et vain : être contraint de  »réagir » à chaud sans recul, ni débat sur divers enjeux compliqués et complexes conduit inévitablement à une absence systématique de mise en commun des idées et empêche l’émergence d’une véritable solidarité citoyenne. En fait, on pourrait presque croire qu’il est parfois souhaitable, voire avantageux, de maintenir volontairement la population dans une certaine forme d’ignorance, de dépendance et de médiocrité décisionnelle.

Face à ce sentiment d’incomplétude et d’inachèvement, j’espère que tous comprendront qu’il nous faudrait bien plus que le simple retour d’une quelconque caméra pour se satisfaire socialement de notre apport citoyen. Cela étant dit, j’invite en terminant tous ceux et celles qui ont l’art si facile du franc-parler, dont par exemple M. le conseiller Pierre Lafond (ce mal si nécessaire), à user également d’une plus franche écoute, afin de faire en sorte que l’exercice de la démocratie se fasse bien avant celui du pouvoir. C’est à la fois une invitation, un souhait et un immense défi lancés à tous ceux et celles qui exigent rigueur, constance et humilité…

Jean Pierre Létourneau

Pourquoi un parc à Ste-Adèle?

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Une collaboration de M. Jean-Pierre Létourneau

Monsieur le conseiller Pierre Lafond, dans une lettre publiée dans le journal Accès, nous informe de sa navrante opposition au projet d’un parc. Obnubilé par le syndrome du calife à la place du calife, notre homme voudrait le poste de la mairesse, se faire l’éditorialiste en chef d’un journal et jouer le rôle d’une opposition dite avisée et constructive. C’est bien des chapeaux pour une seule et même tête et un pari bien risqué à la lumière de ses propos…

Un parc à Ste-Adèle, ce n’est ni un luxe, ni une lubie, ni le projet d’une élue ou de quelques fanatiques finis de verdure ou de plein air. Un parc à Ste-Adèle, c’est un projet qui se veut collectif, rassembleur et utile au bien commun. Un parc est un élément important sinon essentiel au maintien et à l’essor de notre économie locale. Telles la survie et la réussite d’une entreprise, il nous faut ne jamais cesser de croire et d’investir dans nos espaces, lacs et rivières. La nature est le pain et le beurre qui motivent notre plaisir et notre bonheur à vivre ici dans des lieux vastes, paisibles et conservés. Or, cette nature n’est pas à nous, mais à des intérêts privés. Les propriétaires qui nous donnent accès à leurs terres sont certes gentils, mais rien ne garantit de quoi demain sera fait. En ce sens, nous sommes tous plus moins bernés par une dynamique du déni de l’évidence et de l’aveuglement volontaire, et il y a urgence d’agir.

L’argumentaire d’une ville endettée est opportuniste et fallacieux, et il sert surtout aux intérêts des ambitieux, aux assoiffés de pouvoir et aux démagogues de tous genres. Bien sûr, il faut tenir compte de notre capacité à payer et ne pas être idéaliste plus que nécessaire. Bien sûr, ce n’est pas demain la veille et les défis ne manqueront pas d’être difficiles et nombreux pour mener à bien ce projet. Or, ce n’est pas en cherchant des poux à ce projet, en orientant le débat en fonction d’une dépense plutôt que d’un investissement et en recherchant ce qu’il coûte au lieu de voir ce qu’il rapporte, que nous serons tous plus prospères et mieux nantis.

Les organismes communautaires, environnementaux et économiques de Sainte-Adèle soutiennent conjointement avec l’ensemble de la population ce magnifique projet et nous invitent, dans cette perspective d’unité, à travailler au-delà de nos différends et différences, pour que le meilleur des mondes de demain soit toujours plus vert et de moins en moins gris…

Jean Pierre Létourneau

Crédit photo : André Bérard

Pour être nous tous tellement plus ensemble…

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Texte publié dans le cadre des chroniques «parole citoyenne».
Une réflexion proposée par Jean-Pierre Létourneau, citoyen de Sainte-Adèle

D’abord, un mot pour dire comment et combien le drame de Québec me touche et m’atteint dans mon humanité la plus profonde. Tuer des hommes de valeur, aimés et aimant, amoureux de l’amour reçu, donné et partagé et de la vie belle est une ignominie sans nom.  Je vous pleure mes amis estimés, et vous pleurerai à jamais.  Bon voyage mes nobles frères, je vous salue à regret, et que l’éternité vous soit bonne, douce et sereine…

Cela étant dit, et parce que  »the show must goes on », il nous faut comprendre pourquoi de telles choses se forgent et arrivent.  Le premier réflexe est de chercher les causes du côté du tueur, de son entourage, de sa communauté, de sa société ou de sa civilisation.  Il est, bien sûr, essentiel de le faire, mais il serait dommage d’en rester là.  En effet, toute médaille a deux côtés, et même un revers, et dans cet esprit, il nous faut comprendre que certains ne manqueront pas d’instrumentaliser ces innocentes victimes.

Or, considérant que nous sommes dans un processus de changement civilisationnel, il y a un devoir de vigilance qui nous force à voir au-delà d’une tristesse bien légitime, tous les aspects de ces évènements pour ne pas faire le jeu des opportunistes de tous genres.

En ce sens, il nous faut dire et redire, que l’Islam n’est pas qu’un exercice de piété et de recueillement, mais que c’est aussi une idéologie politique, inventée par l’homme, pour l’homme, et sans dieu révélé.  Quoi qu’en disent les plus sincères et dévots musulmans, l’Islam, c’est aussi une vision figée du monde qui aliène et conditionne tristement moult de ses adeptes.  Les religions sont prétentieuses, présomptueuses, arrogantes et interprétatives et font que nous ne vivons pas tous ensemble.  Par leurs pouvoirs les religions sont assez fortes pour nous haïr, mais jamais assez puissantes pour tous nous aimer…

Critiquer des conceptions subjectives et arbitraires du monde n’est pas un manque d’égard envers qui que ce soit.  C’est, bien au contraire, un acte courageux de respect et d’humilité à l’endroit d’un appel infiniment plus vaste et profond, celui de vouloir encore et toujours plus de sens, de vrai et de vérité…

Le cosmos est tellement vaste, coi et mystérieux que nous devrions cultiver bien  davantage la tempérance et l’introspection que la foi aveugle et les cultes sectaires.  Notre savoir est si partiel et tellement dérisoire, en regard d’une immensité si dantesque, que nous devrions ÊTRE NOUS TOUS TELLEMENT PLUS ENSEMBLE…

Jean Pierre Létourneau

Le projet aréna-piscine à mettre sur la glace parce qu’il prend l’eau…

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Nous sommes tous pour la vertu, à savoir que dans l’absolu un aréna et une piscine, c’est bien sûr, une excellente chose, pour tout un tas de très bonnes raisons.  Des gens actifs, heureux et en santé, s’amusant dans des bâtiments dits «écologiques», qui peut et veut raisonnablement être contre!  Pourtant, je persiste à dire ( appuyé par 71% des citoyens, de St-Sauveur, lors d’une consultation référendaire en septembre 2010), que ce projet cadre très mal avec l’air du temps et les lieux que nous habitons.  Dans les faits, c’est un projet lourd, coûteux et énergivore et surtout, je crois que nous avons plus urgent à régler.

En effet, plusieurs Villes de notre MRC possèdent des réseaux de sentiers (raquettes, ski de fond, marche et vélo), au statut extrêmement précaire.  Ces sentiers qui sont tenus à bout de bras par une poignée de bénévoles, sont à peu près tous menacés par un développement domiciliaire bien mal adapté à notre environnement.  Des villes comme Ste-Anne des Lacs et St-Sauveur ont à peu près tout perdu en ce domaine.  Piedmont, hormis le Petit Train du Nord et quelques courts tronçons qui survivent tant bien que mal, possède aux abords d’une insipide 117, un monument en l’honneur de Jack Rabbit pour souligner son œuvre qui tristement s’estompe chaque jour un peu plus.

En bref, le plein air se meurt à petit feu, voilà une réalité manifeste qu’on ne peut plus taire.   Ce mode de vie, axé sur la nature et les grands espaces n’est pas qu’une série d’activités récréatives parmi tant d’autres, mais aussi un outil extraordinaire d’identité forte, d’appartenance tangible et d’engagement dynamique envers sa communauté et la protection du territoire.  Or, si rien n’est fait en matière de réglementation nouvelle et d’investissements majeurs, c’est le bonheur de milliers de Laurentiens et de touristes qui sera mis en péril.  En conséquence, si certains sont prêts à mettre des dizaines de millions dans un projet aréna-piscine, comment ne pas vouloir investir tout autant et même davantage dans des activités de plein air, rouage bien plus adapté à notre réalité économique, sociale et environnementale.

Si certains affirment que l’un n’empêche pas l’autre, j’attends donc de nos élus, qu’ils respectent d’abord nos règles démocratiques et qu’ensuite ils considèrent véritablement le pour et le contre d’un tel projet, avant de s’y lancer toute voile dehors.  Comme la plupart de mes concitoyens, je vis ici pour jouir d’une nature intacte, vaste et accessible.  Or, depuis que j’y habite, trop peu de moyens ont été consacrés à la préservation intégrale d’un mode de vie bien plus cohérent avec les défis que nous imposera le monde de demain…

Jean Pierre Létourneau
Citoyen de Sainte-Adèle

Ce texte est publié dans cadre des rubriques «parole citoyenne». Blogue-notes invite les citoyens, élus et acteurs de la scène adéloise à partager leur réflexion sur cette plateforme. Tous les points de vue sont acceptés pourvu qu’ils soient formulés avec respect et intelligence.

L’énoncé de vision stratégique, des ingrédients sans chef ni recette…

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Voici un texte de mon ami Jean-Pierre Létourneau en réaction à la publication de l’énoncé de la vision stratégique 2011-2020 de la MRC des Pays-d’en-Haut, publié dans le journal Accès. Malheureusement, les hebdos locaux ne l’ont pas publié dans son intégralité. J’ai donc le plaisir de vous le livrer ici, sans censure ni coupures.

Ainsi donc, M. Garnier après des mois de tergiversations nous présente enfin, le fruit de sa longue réflexion et de son ardu travail. Un document dont j’appréhendais la venue tant l’exercice de consultation m’était apparu incomplet et très mal adapté à la complexité du sujet. Le résultat confirme mes pires appréhensions. Il n’y a pas dans ce document autre chose que des constats de l’évidence, de belles et bonnes intentions de circonstances et tout un lot de vains vœux pieux. Soyons clairs, ce document n’a aucune destination précise. Cette démarche ne sert qu’à valider un exercice de relation publique et n’est qu’une suite de questions sans réponse, noyée dans un jargon nébuleux et bureaucratique. C’est une prise de conscience sans obligation de résultat, une suite de problèmes en quête d’une vision d’ensemble qui n’est ni définie, expliquée, unifiée, cohérente, éprouvée et approuvée. Ce serait comme de décrire sa faim, et se disant, qu’il faudrait bien manger sans savoir par la suite quand et comment faire pour se nourrir. Nous dire, par exemple, qu’il faut encourager la préservation des boisées d’intérêt, je suis parfaitement d’accord, mais lesquels choisir? Avec quel argent les acquérir? À quel prix? Pour en faire quoi et pour qui? Comment, combien et quand? Y a-t-il pour de tels projets, une intention d’achat réelle, ferme et affirmée? Avec un vrai budget, des endroits déjà choisis et des dates d’acquisition? Ou est-ce uniquement du vent et des mots pour sauver du temps, pour nous faire taire et nous laisser naïvement rêver à des Laurentides plus vertes que nature…

Nous sommes ici, comme partout ailleurs, de plus en plus confrontés à un monde qui n’en finit plus de ne pas savoir comment se sortir d’une pensée unique, axée essentiellement sur la croyance insensée d’une expansion sans fin ni limite. Dans cette ère des paradoxes, nous sommes des villes et villages en quête de sens et d’identité. Pour faire l’avenir autrement, il nous faudra donc une pensée neuve et j’ai bien peur que l’essence de ce travail manque de cette part d’inédit et de renouveau. Nulle part je vois de solutions globales et systémiques et l’idée d’un autre paradigme qui protègerait davantage nos territoires et rendrait nos villes plus conviviales, originales et agréables. Je ne vois nul désir de moderniser nos outils démocratiques ou de mettre en marche des actions audacieuses et novatrices et de repenser tous ces développements domiciliaires diffus, mal planifiés et inadaptés. Où sont les solutions drastiques, mais nécessaires, les échéanciers serrés, les budgets détaillés et les règlements adéquats pour revitaliser nos centres-villes et endiguer la venue des magasins à grande surface et les néfastes fast-food, tellement incompatibles avec la vocation de villégiature et de prestige de nos villes et villages? Voyez comment Sainte-Agathe fut massacrée par l’arrivée de ces commerces insipides et dont quelques crédules élus espèrent encore la renaissance en embrasant son ciel d’été de quelques pathétiques et dispendieux pétards.

Cet énoncé de vision stratégique n’en est pas un. C’est uniquement un honnête travail de constats et d’intentions, sans plus. Dans un tel climat et en pareille circonstance, je vous l’accorde, M. Garnier, la population est bien tannée d’être ainsi consultée et vous le seriez tout autant, tant cette manière est désuète et périmée dans la forme et le fond. On nous invite à parler voyage, mais nous ne sommes limités qu’au choix des valises… Trop souvent nous ne servons qu’à meubler le décor et à acquiescer à des slogans vides et creux. Nous agissons en pur faire-valoir pour valider des décisions déjà prises.

Le citoyen n’est qu’un éternel témoin, qui n’a que trop peu de places publiques pour débattre et confronter périodiquement ses idées et enrichir sa réflexion citoyenne de façon respectueuse et civilisée. On le muselle, on l’infantilise, on l’isole, on l’emmure dans des pièges à cons et finalement le citoyen, las de ce marché de leurres et de dupes, préfère rester chez lui, plutôt qu’aller s’ennuyer à ces exercices de prétendues consultations publiques. Le citoyen est tanné d’entendre une chose et son contraire, sans jamais espérer pouvoir donner son aval et son accord à de véritables projets de vie et de société. À quand une culture de sommets citoyens, de conférences thématiques et de rencontres entre experts et citoyens afin de nous renseigner, de nous aviser et de nous éduquer? À quand une réelle volonté de nous donner collectivement une voix au chapitre qui donnerait à chaque individu le sentiment réel de participer au destin de sa communauté tout en créant des liens de solidarité et d’amitié? Bien sûr cela demande des efforts, la prise de décision sera souvent plus longue, fastidieuse et exaspérante, mais c’est le prix d’une démocratie qui se veut saine et en bonne santé.

Cher M, Garnier, malgré tout mon respect, quelle vilaine mouche vous a piqué, pour ainsi présumer et conclure si maladroitement au désintérêt et à l’indifférence du simple citoyen envers les affaires de sa communauté et du sort des siens? En vous croyant victime du succès de votre gérance, vous ne faites qu’exposer les limites de votre compréhension face à la supposée démission citoyenne, dont vous êtes en partie la cause. Vous regardez tout simplement par le mauvais bout de la lorgnette et usez du pire ou du meilleur des sophismes pour affirmer une vérité qui n’en est pas une.

Malgré tous vos efforts à nous inviter, votre cœur n’y est pas. Nous ne sommes plus à l’ère de la bougie, mais du laser. La façon de faire de ces rencontres est archaïque et outrageante et ne respecte en rien la connaissance, la conscience, la volonté de dialoguer et l’intelligence de gens qui sont très souvent plus avisés et compétents que vos convocations le laissent paraître. C’est d’abord là et avant tout que le bât blesse et que conséquemment vous devriez entreprendre votre première réforme, c’est à dire dans votre propre cour, au cœur de vos compétences, fonctionnement, fondements, rôles et structures. Du succès de cette entreprise en dépendra le reste… À moins que vous vouliez que rien véritablement ne change…

Bien à vous

Jean-Pierre Létourneau

jpl.fables@gmail.com

Pentes 40/80 : une proposition

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[J’observe, depuis quelque temps, l’émergence d’une volonté de s’exprimer chez les Adélois. Il suffit d’assister à une séance du conseil municipal pour s’en convaincre. À la dernière assemblée, la file de citoyens qui souhaitaient prendre la parole devant le micro s’allongeait jusqu’à la sortie. Plusieurs lecteurs me communiquent des textes pour publication. C’est le cas d’ Yvon Nielly, urbaniste, qui pousse même «l’audace» jusqu’à accompagner son texte de sa photo. Je me plais à croire que le travail de journalisme civique entrepris par ce carnet n’est pas étranger à cette prise de parole citoyenne. Bonne lecture!]

Attention à la renaissance monsieur le maire

Récemment, la fermeture des pentes 40/80 par le Conseil municipal mettait fin aux déficits accumulés depuis plusieurs années. L’incapacité financière municipale actuelle nous indique clairement qu’il n’y a pas les centaines de milliers de dollars nécessaires dans le bas de laine. De plus, le bâtiment principal et les équipements alpins sont vétustes et dans une désuétude totale. Je ne peux qu’applaudir votre décision, monsieur le maire. Toutefois, sans vision et sans projet de remplacement, vous ouvrez toute grande la porte aux spéculateurs, aux vendeurs d’idées, aux initiés du rêve.

Un retour à la vocation initiale des pentes 40/80 m’apparaît plutôt surréaliste et toute aventure qui viserait à prolonger son agonie ne m’apparaît pas non plus la solution. Mes années passées à la ville m’ont appris qu’une certaine méfiance s’impose dans une telle situation. Dans un passé pas si lointain, certains promoteurs et spéculateurs sont arrivés avec des idées qui devaient sauver la ville, si j’utilise bien leur terme. Dans bien des cas, nous n’avons sauvé que les meubles et encore. Certains d’entre eux ont souvent inutilement soutiré l’énergie des dirigeants. Des idées, beaucoup de gens peuvent vous en donner, monsieur le maire. Toutefois, avoir les moyens financiers de les réaliser peut être une tout autre paire de manches. Hélas, ce sont souvent des projets privés qui appuient leur mode de financement sur des subventions à venir. Le gouvernement, la municipalité et les organismes économiques régionaux sont sollicités. Ces formes d’aide sont trop souvent ponctuelles, non récurrentes et n’assurent en rien la pérennité des projets qu’ils soutiennent. La capacité financière doit être avant tout celle du promoteur.

Ces modèles sont fragiles et plus souvent qu’autrement, ne tiennent pas la route. Plus récemment, on n’a qu’à se rappeler l’exemple de la Rolland où la ville venue à la rescousse a accumulé des déficits importants. Un tel exemple devrait à lui seul nous interpeller.

Sainte-Adèle profite de la présence de deux centres de ski dont la renommée ne fait aucun doute. Le Mont Gabriel et le Mont Chantecler rivalisent en qualité et réussissent bon an mal an à offrir un service impeccable aux skieurs. D’ailleurs, beaucoup d’enfants de la région y suivent des cours de ski à tous les niveaux. N’y aurait-il pas lieu d’établir un partenariat avec ces entreprises? Ainsi, les enfants de Sainte-Adèle adeptes du ski, pourraient profiter de certains avantages négociés par la Ville. Voilà un compromis qui ne nécessite pas un investissement massif. Pourquoi les enfants de Sainte-Adèle ne profiteraient-ils pas de l’un ou l’autre des centres de ski situés à leur porte? D’ailleurs, ski-études y entraîne déjà l’élite du ski.

Sommes-nous suffisamment proactifs, monsieur le maire?

Que faire du site des pentes 40/80 ?

Je me permettrai une suggestion, laquelle est basée sur un courant de société. Notre petite ville à deux avantages marqués qui la distingue de bien d’autres. Un lac naturel et une montagne en plein cœur de la ville. L’accès au lac Rond a presque échappé à la communauté, le pourtour étant privé à plus de 95 %. Le versant sud de la montagne 40/80, quant à lui, est demeuré entièrement municipal. À cet égard, il pourrait faire place à un projet public audacieux et rassembleur qui tiendrait compte d’un impératif indiscutable, l’environnement.

Établir une planification pour l’aménagement d’un premier parc thématique urbain au Québec, consacré aux écosystèmes forestiers. Voilà, à mon avis, le genre de projet public dont plusieurs rêvent. Ainsi, son caractère public et innovateur permettrait d’y associer les partenaires des gouvernements provincial et fédéral. Actuellement, le domaine foncier de Sainte-Adèle est presque totalement privé et les espaces verts publics se font rares ou inaccessibles. Pourquoi ne pas se distinguer et mettre en valeur ce que l’on a près de notre fenêtre? Nous vivons dans un courant vert, à nous d’assumer maintenant nos responsabilités pour les générations futures. Cela s’appelle passer de la parole aux actes. Qu’en pensent les trois urbanistes du service d’urbanisme de la Ville, le Comité consultatif d’urbanisme et le Comité aviseur en environnement ?

Monsieur le maire, la mise en place d’un tel projet permettrait de vous applaudir à nouveau. L’occasion serait également bien choisie pour trouver un nom plus représentatif et plus original pour ce nouveau parc.

Yvon Nielly