Éditorial

Apparence de transparence

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Voilà sans doute le mot le plus galvaudé de l’univers de la politique. Un appât qui sert à réaliser de gros gains en période électorale. Après, on le range tout au fond du tiroir à boniments, pour la prochaine fois. Le plus étonnant, c’est que ça fonctionne, car les citoyens veulent y croire. Et ils ont raison de garder la foi, car parfois, la transparence — ou ce qui s’en approche le plus — dépasse l’apparence et devient réalité.

Mais les ingrédients de la recette de la transparence sont rares et difficiles à trouver. Et à Sainte-Adèle, nous sommes en rupture de stock, et ce, depuis l’ère de l’administration Cardinal. La soupe municipale a, depuis cette époque, ce même arrière-goût qui fait grimacer les citoyens qui ont faim de démocratie. Que l’on brasse cette soupe dans un sens ou dans l’autre, le goût reste le même, car les ingrédients ne changent jamais. Nous sommes condamnés à avaler ce potage indigeste et à produire des rots plutôt que des idées.

Plus c’est pareil, moins ça change

En novembre 2007, alors que l’Hôtel de Ville de Sainte-Adèle vivait une profonde crise, le conseiller Guinard annonçait sa démission en ces termes :

«Je souhaite au bénéfice de tous que la rigueur et la transparence soient empreintes des valeurs que j’ai toujours promues: l’équité, la justice sociale et l’humanisme dans les rapports entre la municipalité et ses citoyens… le tout, loin des “agendas cachés”, loin de la petite politique et loin des décisions prises à l’avance et en petits groupes. Je souhaite également que le développement de Sainte-Adèle en soit un qui respectera la qualité de vie du citoyen, qui respectera son environnement en remettant toujours le citoyen à l’avant-plan des décisions du quotidien et de l’avenir et qui respectera sa capacité de payer.»

Sans prétendre que le conseiller Guinard était le porte-étendard de ces valeurs, ses mots traduisent un écœurement bien senti d’une certaine vision de la politique municipale adéloise.

11 ans plus tard, plusieurs citoyens engagés tiennent le même discours à l’endroit de l’actuelle administration. Et devant l’insistance de leur questionnement légitime, les élus et fonctionnaires retournent à leurs chaudrons pour nous servir leur ratatouille, ce plat adélois traditionnel où il fait si bon se mettre les pieds.

Plusieurs citoyens soutiennent que la seule chose qui est véritablement transparente à Sainte-Adèle, c’est la volonté des élus de ne pas l’être.

Élus et «hauts fonctionnaires» souhaiteraient-ils exercer une démocratie excluant la participation citoyenne? Doit-on leur rappeler qu’une saine démocratie ne peut s’exercer sans transparence? Doit-on leur rappeler également qu’au sens figuré, la transparence signifie divulgation de l’information au public? Le Dico de la langue de bois édition 2018 serait-il le best-seller en vogue à l’Hôtel de Ville!

Quand on se compare, on se désole

Alors que l’administration Brière tente malhabilement de justifier sa décision de rompre avec une tradition de plus 35 ans de télédiffusion des séances du conseil, à Saint-Colomban, on diffuse cet exercice démocratique et public en direct sur Facebook. L’auditoire oscille en moyenne entre 2000 et 3000 personnes. Les citoyens peuvent poser des questions en direct et recevoir des réponses en temps réel. De plus, sur le site de la Ville, on retrouve les archives vidéo des séances du conseil. Rappelons que les conseillers de cette municipalité — comparable à Sainte-Adèle — possèdent tous une page Facebook où ils interagissent avec les citoyens et répondent à leurs questions.   

Nous sommes ici devant deux modèles diamétralement opposés. La bonne vieille politique à saveur d’obscurantisme — attitude d’opposition, d’hostilité à la diffusion des informations—  et une politique qui est de son époque et qui intègre les progrès technologiques permettant la libre circulation de l’information auprès du plus grand nombre de citoyens.

Quand on y met un peu de bonne volonté, la transparence devient possible. L’exemple de Saint-Colomban est très éloquent. A contrario, si l’on choisit de contrôler l’information, de compliquer sa libre circulation, de rédiger des règlements frileux afin de complexifier, autant qu’il est légalement possible de le faire, l’expression citoyenne, nous créons de la grogne, de la division, de la colère. Ne pas répondre aux questions et interdire de façon arbitraire la télédiffusion des séances du conseil ne fait que cristaliser l’impression que l’on nous cache quelque chose, que l’on pratique l’évitement, que l’on ne maîtrise pas les dossiers et que les questions pointues nous déstabilisent.

Boileau a dit, si justement : «Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément». Quand les choses sont difficiles à concevoir, les moyens pour ne rien dire arrivent eux aussi aisément.

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Les enfants, soyez sages, sinon, vous serez privés de télé!

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À Sainte-Adèle, des citoyens «tannants» et un conseiller «turbulent» ont poussé la mairesse à priver de télé l’ensemble de la population adéloise. Ainsi, depuis plusieurs semaines, les séances du conseil municipal ne sont plus télédiffusées, comme ce fut le cas durant les 35 dernières années.

Le temps que le calme revienne en classe nous dit-on.

Une décision qui rappelle l’ancienne manière qui consistait à punir toute la classe pour les frasques du seul élève turbulent. Histoire de bien faire comprendre à l’élément perturbateur que c’est la maîtresse qui mène! Une vieille astuce qui vise à prendre en otage le groupe en entier pour forcer le ou les quelques dissidents à abdiquer sous le poids du nombre. On transforme les mécontents en méchants. On les bâillonne pour ne plus entendre grincer ce grain de sable qui fait gémir la belle machine municipale.

Car le principal argument de la mairesse de Sainte-Adèle pour justifier cette décision est celui de l’image. Ça paraît mal tous ces questionnements insistants, ces citoyens qui reviennent sans relâche sur les mêmes sujets, toute cette agitation en classe. Ça fait désordre.

L’image toujours l’image. Le vernis doit briller, être lisse et reluisant, sans aspérité, sinon, on a l’air de quoi à Sainte-Adèle?

Alors on ferme la télé, fini la permission de regarder cette émission qui donne le mauvais exemple aux enfants (lire les citoyens).

Sauf que, ce qui paraît mal en ce moment, c’est la mairesse et l’ensemble du conseil qui, par cette décision, font la démonstration de leur incapacité à faire face à l’exercice d’une saine démocratie, à gérer le «conflit» et à maintenir l’ordre lors de la période de questions, cette trop brève plage de temps mensuelle soumise à un lourd protocole où les citoyens peuvent, parfois, s’adresser directement aux élus devant la population.

La mesure vise plus particulièrement le conseiller Pierre Lafond et quelques citoyens qui s’intéressent à certains dossiers éternellement (volontairement?) nébuleux.

La décision de la mairesse de Sainte-Adèle a un arrière-goût de censure grossière et obsolète à la limite de l’insulte à l’intelligence des citoyens qu’elle croit incapables de faire preuve de discernement et de juger par eux-mêmes. Elle ne semble pas être consciente que c’est sa décision qui fait mal paraître la Ville de Sainte-Adèle aux yeux de la population et non pas le conseiller Lafond ou les quelques citoyens plus curieux et engagés que la moyenne. Les élus doivent accepter de répondre aux questions, de rendre des comptes, et d’êtres imputables de leurs décisions, devant la population, et non pas au sein d’un cercle restreint. Et à Sainte-Adèle, plusieurs dossiers laissent perplexes et soulèvent des questions tout à fait légitimes : La Rolland, le promoteur Malouf, le garage municipal, la croix de Sainte-Adèle, les frais juridiques ruineux qui donnent une couleur «vert avocat» à notre ville. Et bien d’autres…

L’un des devoirs de notre municipalité est de rendre les lieux publics accessibles au plus grand nombre. Un principe qui semble exclure la salle du conseil. Moins il y aura de témoins, mieux ce sera. En interdisant la télédiffusion des séances du conseil, la mairesse accepte de restreindre l’accès virtuel à cet exercice démocratique au nom d’un principe esthétique : mal paraître.

C’est injustifié et injustifiable.

Cette mesure, malhabile, risque de créer un effet pervers en transformant le conseiller Lafond en martyr et les citoyens curieux en victimes. S’ensuivra une croisade qui, elle, sera médiatisée.

Un rassemblement citoyen est prévu le 24 novembre de 13h à 15h, près de la SAQ, à Sainte-Adèle.  La manifestation vise à contester publiquement la fin de la télédiffusion des séances du conseil.

NousTV poursuit la télédiffusion des séances de Sainte-Agathe-des-Monts et en collaboration avec TVCL, celles de Mont-Tremblant, Saint-Donat et Sainte-Lucie-des-Laurentides.

Désengagement moral ou comment des «gens biens» peuvent faire du tort et garder bonne conscience

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Albert Bandura, considéré comme l’un des psychologues les plus influents du XXe siècle,  publiait en 2015 «Moral Disengagement : How People Do Harm and Live with Themselves», une théorie du désengagement moral qu’il développe depuis les années 80. 

La commission Charbonneau a fait défiler devant nos yeux incrédules un échantillonnage particulièrement représentatif de ces «gens bien» qui adhèrent à un système de désengagement moral institué. Quand des firmes manœuvrent dans le seul but d’attiser et de maintenir des conflits pour leur profit, quand certains élus abdiquent leurs responsabilités et prennent des décisions molles, flasques et deviennent des pleutres, quand l’éthique est un irritant pour ceux qui devraient en être les modèles, nous sommes directement sous le microscope de Bandura,

Mais comment des êtres normaux en arrivent-ils à déboulonner leur sens moral? Par exemple les firmes d’avocats, d’ingénieurs, de relations publiques ou des politiciens théoriquement au service des citoyens ?

Par une série de mécanismes décrits dans le modèle de Bandura:

Ils sanctifient leur comportement dommageable comme servant des causes louables, comme étant mieux que certains comportements des autres

 

Ils se déchargent du blâme pour le préjudice qu’ils causent en déplaçant et en diffusant la responsabilité

 

Ils minimisent ou nient les effets néfastes de leurs actions

 

Ils déshumanisent ceux qu’ils maltraitent

 

Ils blâment leurs victimes en attribuant leurs malheurs à leurs défauts et leurs défaillances.

Au sein d’une administration municipale, le désengagement moral institué et la présence de ces mécanismes deviennent une véritable gangrène dont les conséquences sont dévastatrices pour l’esprit de la communauté. Et la contamination est insidieuse. Elle se fait souvent à dose homéopathique, une petite entorse à l’éthique à la fois, par «petites crosses» additionnées et jugées inoffensives par ceux qui les commettent. L’autosanction sélective mène à des déclarations sottes, comme nous l’avons vu dans l’affaire Roch Bédard où le conseiller du district 2 a affirmé devant les caméras qu’il nous aviserait lui-même si un jour il se trouvait en situation de conflit d’intérêts avec le promoteur Maalouf.

Plusieurs affaires à Sainte-Adèle semblent sous le joug de ce désengagement sélectif de l’autosanction morale, et ce, depuis plusieurs années.

J’invite donc les protagonistes de la scène adéloise qui se sentent interpellés par cet article à s’observer à travers les lunettes de Bandura.  

À venir : le positivisme bébête, obstacle à la lecture critique et constructive de la réalité adéloise.

    

Notion de partage en déroute!

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La belle saison est à nos portes. Et avec elle ressurgit la problématique du partage de la route. Automobiles, motocyclistes, cyclistes, coureurs, marcheurs se disputeront la souveraineté du réseau routier. Il y aura des blessés et malheureusement des morts aussi. Et c’est à ce moment que l’éternel dialogue de sourds s’engagera. Et dans cette cacophonie, personne ne s’intéressera au problème réel : certaines routes ne se partagent pas. Du moins pas de la façon dont elles sont aménagées en ce moment. Chaussée désastreuse, accotement inexistant, virages en épingles, comment peut-on espérer une cohabitation harmonieuse entre les adeptes de la pédale, des chevaux-vapeur et de l’espadrille sur ces chemins de discorde? Ajoutez à cela les populations locales qui doivent elles aussi circuler et vaquer à leurs occupations quotidiennes et vous avez un sérieux problème sur les bras.

La solution, elle saute pourtant aux yeux, surtout si vous portez des lunettes roses : Y a qu’à! Comme dans «y a qu’à partager la route». Comment? Faut vraiment tout vous expliquer : y ont qu’à! Comme dans «Y ont qu’à se tasser», «Y ont qu’a ralentir» et «y ont qu’à aller ailleurs!». Le lobby des cyclistes, toujours prompt à pointer «les malades dans leu char», semble dans l’impossibilité d’admettre que beaucoup de rouleurs, surtout lorsqu’ils se déplacent en peloton, ont des comportements délinquants.  Porter un casque, un vêtement moulant et posséder une monture en composite à 3000$ vous absout de tout péché.

La vidéo que je vous propose fut tournée au printemps dernier. C’est un condensé d’une ballade d’environ 1 heure en voiture dans l’arrière-pays. À vous de juger si les cyclistes maîtrisent bien la notion de «partage de la route».

 

Pourquoi Sainte-Adèle, ville phare des Pays-d’en-Haut, boude-t-elle son patrimoine, viande à chien !

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Alors que plusieurs municipalités à travers le Québec souhaiteraient posséder un patrimoine unique à exploiter et à valoriser, Sainte-Adèle détient celui qui ferait l’envie de la plupart des villes de la province, particulièrement en ce moment. Mais ce patrimoine est ignoré, pour ne pas dire occulté, par la communauté adéloise, du moins par ceux qui sont censés en faire la promotion.  Il s’agit bien sûr des Belles histoires des pays d’en haut. Vous savez cette œuvre de l’auteur adélois Claude-Henri Grignon écrite en 1933 et qui remporte encore aujourd’hui un énorme succès. Je suis certain que vous savez de quoi je parle, allez, faites un petit effort!

L’année 2008 marquait le 75e anniversaire de la publication du roman Un homme et son péché. J’ai eu l’indicible plaisir de cosigner avec Pierre Grignon un cahier spécial publié dans le journal Accès soulignant ce bel événement. À Sainte-Adèle, le syndicat des commerçants qui jugeait qu’il ne s’agissait que de «vieilleries dont il fallait se sortir» avait accepté, du bout des lèvres, de participer à une «célébration» organisée à la hâte pour sauvegarder les apparences.

Je venais de prendre le pouls pour le moins fuyant de l’intérêt de notre petite collectivité pour son patrimoine pourtant fort couru partout ailleurs. 

«Bienvenue à Sainte-Adèle.
Pour en savoir plus sur l’œuvre de Claude-Henri Grignon,
prière d’aller à Saint-Jérôme»

Bien sûr, il existe un musée dédié à l’auteur et à son œuvre. L’Espace Claude-Henri-Grignon, situé dans la maison de la culture Claude-Henri-Grignon où trône à l’entrée un magnifique buste du lion du Nord, une œuvre de la talentueuse sculpteure adéloise Martine Gagnon. Vous trouverez tout ça… à Saint-Jérôme. 

On a reproché À M. Pierre Grignon d’avoir laissé filer le fonds Claude-Henri Grignon vers la capitale des Laurentides. Devant le dédain des institutions et des élus de sa communauté, il fut au contraire très avisé de confier son précieux trésor à des personnes et à des organisations qui ont su en reconnaître la valeur et qui ont investi de façon importante dans sa valorisation.

Récemment, un membre du conseil de l’administration Charbonneau m’avouait : « on est vraiment passé à côté avec ça ». Bel euphémisme! Mais qu’à cela ne tienne, passons encore une fois à côté, en 2016, en manquant cette fois le 40e anniversaire de la mort du célèbre auteur adélois.

Nul n’est prophète en sa propre ville. Vraiment? Cette année, Saint-Jérôme célèbre le 125e anniversaire du décès du curé Labelle. Le Roi du Nord est l’un des personnages les plus marquants de cette ville et de la région des Laurentides. Ils en sont fiers et le manifesteront tout au long de l’année. En janvier 2016, l’événement qui a lancé les célébrations comptait parmi les participants la ministre de la Culture et la ministre responsable de la région des Laurentides. Un très beau rayonnement pour la capitale des Laurentides. Un bel exemple de «vieillerie» qui semble pourtant remporter un succès certain.

«En dépit de la forte demande,
nos détaillants en vieilleries sont en rupture de stock.» 

En ce moment, la popularité du remake les pays d’en haut fait mentir ceux qui réduisent cette œuvre immense à une chose poussiéreuse et désuète. Plus de 75 ans après sa première parution, le roman Un homme et son péché est régulièrement réédité. Le film Séraphin, un homme et son péché de Charles Binamé a fracassé les records du box-office québécois. Récemment, la publication du Séraphin illustré fut un véritable succès de librairie, chiffres à l’appui, de même que les trois tomes de Séraphin, nouvelles histoires des pays d’en haut, regroupant l’intégralité des textes du Séraphin publiés dans les années 50 dans la version canadienne du magazine européen Bonnes soirées. La pérennité de l’œuvre de Grignon est, à ma connaissance, unique au sein des auteurs canadiens-français. Tout ça ne serait que vieilleries à balayer du revers de la main?

Quand cesserons-nous de «passer à côté» d’une richesse culturelle qui nous appartient? La culture adéloise se résumerait-elle à cette foire marchande où l’on vend de la saucisse, de la bière et des poutines au porc effiloché? Je n’ai rien contre l’Oktobierfest, cet «événement phare» de notre ville. Mais positionner Sainte-Adèle et mobiliser ses ressources dans le seul but de produire une énième version d’une fête de la bière n’a rien de bien original. Ce n’est pas comme si nous n’avions rien d’autres à proposer. 

Beaucoup de touristes s’étonnent, avec raison, de ne rien trouver concernant l’œuvre de Claude-Henri Grignon lors de leur visite Sainte-Adèle. Il n’est pas trop tard pour nous secouer et réaliser que dans tout le Québec, seule Sainte-Adèle semble bouder le patrimoine de Sainte-Adèle.

Viande à chien, notre patrimoine vaut de l’or! Il pourrait nous rapporter du «100 parcent!»

Photo : Radio-Canada

André Mongeau, ex-directeur général expulsé de Sainte-Adèle rôde toujours

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[MISE À JOUR À LA FIN DE L’ARTICLE]

Citoyens de Sainte-Adèle, soyez avisés. Nous assistons en ce moment à une remontée spectaculaire d’André Mongeau, ex-directeur général de la Ville de Sainte-Adèle. Celui-là même qui fut pris la main dans le sac, ou plutôt sur le volant d’un véhicule dont il avait l’usage et qui était enregistré au nom du controversé promoteur Attitude Nord à l’époque très actif à Sainte-Adèle. En langage clair, M. Mongeau était en conflit d’intérêts apparent. Cette enquête que j’avais menée à la suite de la réception de documents émanant d’une source très fiable employée à la municipalité de Sainte-Adèle, avait agi comme une goutte d’antibiotique pur dans un foyer d’infection. Communiqués contradictoires, rédigés en mode panique, publiés tantôt par le maire, tantôt par le directeur général, démissions en bloc des conseillers de l’équipe du maire Cardinal. Nous étions aux premières loges d’un opéra bouffe avec ses revirements, ses drames et ses sorties de scène. Finalement, quelques semaines seulement suivant la publication de cette affaire dans le journal Accès, la Ville enclencha  des élections.

L’infection était temporairement jugulée.

Bref, pour ses «bons et loyaux» services, André Mongeau fut remercié avec en poche une indemnité de départ de 45 000$, gracieuseté des citoyens de Sainte-Adèle, et sous le bras un nouvel emploi de directeur du développement durable à Ville Lorraine. Cette gratification, fruit d’une «enquête interne» menée par une firme d’avocats bien connue (qui n’avait aucun pouvoir d’enquête, selon l’avis de procureurs consultés à ce sujet) avait laissé un goût amer aux Adélois.

André Mongeau semble s’amuser avec certaines lois, particulièrement celle de la gravité qui nous explique la mécanique de la force responsable de la chute des corps.  Faisant fi des travaux de Newton, après sa descente vers le sud, l’homme remonte. Après quelques années comme employé-cadre à la Ville de Lorraine, le voilà qui amorce une montée, tel un zeppelin gonflé à bloc avec des gaz explosifs, vers la Ville de Prévost.  Après une pause sans doute bien méritée (aller dans le mauvais sens, ça vous bouffe de l’énergie), il continue son ascension et se hisse jusqu’à Piedmont où il plane actuellement comme directeur des travaux publics. Quatre postes de direction en moins de dix ans !

Géographiquement, Piedmont, c’est la porte d’à côté. Gardons l’œil ouvert et notre mémoire en alerte. Posons-nous la question : comment se fait-il que ce directeur controversé parvienne avec une facilité déconcertante à décrocher des postes clés au sein des municipalités des Laurentides? Pourquoi certains maires, pourtant au fait des déboires de M. Mongeau, l’accueillent-ils à bras ouverts ? L’individu leur serait-il imposé ? Est-ce le seul candidat compétent disponible sur le territoire des Laurentides? J’en doute.

Au sein des administrations municipales, les postes de direction (particulièrement ceux de directeur général et de directeur des travaux publics), sont d’excellentes portes d’entrée pour les firmes d’avocats, les boîtes de relations publiques et les promoteurs. C’est une démonstration qui n’est plus à faire. Trop souvent, les élus s’en remettent aveuglément à ces fonctionnaires. C’est un très grave problème.

Cette remontée d’un ex-directeur général expulsé de Sainte-Adèle nous rappelle qu’il faut demeurer vigilant.

MISE À JOUR
Des documents reçus récemment nous indiquent que M. Mongeau a également été employé à la Ville de Montréal et à la Ville de Repentigny comme responsable des travaux publics et des services techniques.

Dimanche 1er mai, c’est l’heure des choix

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Demain, les citoyens de Sainte-Adèle sont appelés aux urnes. Je me dois de faire une mise au point en cette période où la démocratie et la liberté d’expression devraient prendre tout leur sens.

L’administration actuelle, connue au départ sous la bannière du défunt Parti VISION citoyens, était un projet collectif. Une idée développée d’abord par un groupe de citoyens en périphérie des candidats, sous l’impulsion de l’éthicien Gilles E. Néron. Des personnes compétentes et intègres qui se sont investies corps et âme afin de bâtir un programme novateur de démocratie municipale.  Tous ceux qui ont participé à son écriture l’ont fait pour le bien commun et non pour satisfaire des intérêts personnels. Vous avez sans doute noté que peu de membres de ce «cabinet citoyen» sont derrière les candidats en 2016. Il y a de bonnes raisons à cela.

J’étais de ce groupe. C’est d’ailleurs à cette époque que j’ai mis fin à mes activités de journaliste pour des raisons éthiques évidentes. Dommage, car aujourd’hui, plus aucun média ne s’acquitte de son travail convenablement en plaçant les élus et les candidats en face de leurs contradictions qui pourtant sont nombreuses. Et je parle ici de tous les candidats, toutes bannières confondues. 

Mais pour l’heure, je m’adresse à ceux qui sont en place et qui sollicitent un nouveau mandat.

Alors, je reprends du service, un court instant…

Il s’est dit beaucoup de choses durant cette campagne. Les promesses des candidats du défunt Parti VISION citoyens, formulées au futur simple, ont pourtant toutes, ou presque, été formulées dans le passé, en 2009. C’est d’ailleurs sur leur foi en ces promesses que les citoyens ont accordé leur confiance à cette équipe. J’ai promis, je promets, je promettrai.

Une petite leçon de concordance des temps s’impose.

Le parc d’affaires la Rolland

Le Parti VISION citoyens a dit : «Où est passé NOTRE argent? Ce projet au départ prometteur s’est néanmoins effondré en cours de route. POURQUOI ? Bien que le Parti VISION Citoyens ait obtenu, après insistance, des états financiers incomplets et non vérifiés fournis par les administrateurs de la corporation d’affaires La Rolland (CPAR), l’analyse du document soulève beaucoup de questions. Une fois au pouvoir, le Parti VISION Citoyens s’engage à donner des réponses aux citoyens qui financent ce parc d’affaires. Les administrateurs de La Rolland devront rendre des comptes sur les sommes dépensées et sur leur gestion du parc. »

Constat: Non seulement le dossier de La Rolland, sa gestion, ses finances et sa vocation n’ont pas fait l’objet d’un débat public «transparent», mais de surcroît, le conseiller Rock Bédard, également directeur de la corporation d’affaires La Rolland, s’est placé en situation d’apparence de conflit d’intérêts en effectuant des mandats  pour le compte du promoteur Maalouf à qui la Ville a vendu La Rolland. Tout ça au vu et au su de ses collègues. Il aura fallu qu’un citoyen expose cette situation inacceptable lors d’une séance du conseil municipal pour que deux conseillers réagissent mollement en prenant leur distance avec le conseiller Bédard. Pire, la candidate Lise Gendron semble heureuse de l’appui de M. Rock Bédard à sa candidature. 

La chambre de commerce de Sainte-Adèle.

Pierre Morabito, candidat à la mairie, a déjà soumis dans ce blogue, alors qu’il était un observateur de la scène adéloise, un texte lumineux  intitulé « la confusion des genres » dans lequel il critiquait sévèrement les liens entre le syndicat des commerçants de Sainte-Adèle et la municipalité.

Aujourd’hui, sous l’autorité de l’administration dont il fait partie, la chambre de commerce de Sainte-Adèle a non seulement montée en grade, mais elle a également vu son financement augmenté substantiellement. Son influence a pris une dimension tentaculaire et des liens presque charnels unissent aujourd’hui l’organisme et la municipalité. Que s’est-il passé? En terme de revirement, nous avons ici une pièce d’anthologie qui demande des explications.

Le dossier de la croix de Sainte-Adèle

La honte de notre ville. Cette saga judiciaire qui semble sortir tout droit de la plume d’un auteur sous l’acide est une farce historique qui marque et marquera l’histoire de notre ville à jamais. Le conflit remonte à bien avant la venue au pouvoir de l’administration actuelle. Mais cette dernière avait pourtant promis, en campagne électorale, de faire la lumière sur ce dossier et d’y mettre fin, ou du moins, d’informer adéquatement ceux qui financent ce conflit burlesque. Mais rien n’a changé. Pire, la fuite de millions de dollars perdure et aucune mesure sérieuse ne semble mise en œuvre pour la colmater.

La transparence

Que dire sur la transparence à Sainte-Adèle? En 2009, on nous promettait des avis publics rédigés dans un langage digestible pour les citoyens. Cette promesse fait toujours partie de la campagne de 2016. «Le parti VISION citoyens s’engage à transmettre l’information aux citoyens. Elle leur appartient.» Parfait!  Nous la voulons cette information, car tellement de questions restent sans réponses.

Stimuler la participation citoyenne

Autre promesse envolée dans l’immensité des nues! Sauf, il faut le préciser, dans le district de M. Pierre Morabito qui organise périodiquement des rencontres citoyennes. L’ex-maire Charbonneau a déjà affirmé qu’il n’avait  pas été élu pour consulter, mais pour décider. Il a tenu parole, puisque son administration a lourdement confondu annonce à la population et consultation. Où sont les groupes de réflexion promis? Leur objectif n’était pas de dicter aux élus ce qu’ils devaient faire, mais bien d’enrichir la réflexion et de permettre des prises de décision plus éclairées. Ç’aurait été fort utile, vu l’état de plusieurs dossiers importants à Sainte-Adèle.

En bref

La majorité des personnes qui ont contribué à l’élection de cette équipe, ou plutôt, de la vision qui la portait, estime aujourd’hui qu’elle a failli, qu’elle n’a pas livré la marchandise promise, celle qui la démarquait de la «concurrence». Peut-être existent-ils de bonnes explications aux questions soulevées ici. Seulement, on ne les connaît pas. Il reste troublant d’entendre tous ces candidats qui nous promettent, encore une fois, ce qu’ils n’ont pas livré tout au long de leurs précédents mandats.

À l’heure des choix, il est important de dresser un bilan lucide. Certains candidats ont promis de gouverner «dans la continuité». C’est demain que nous saurons si les électeurs souhaitent poursuivre dans la même voie.

Je respecterai leur choix.

Bonne chance à tous les candidates et candidats!